Pourquoi j'ai décidé de parrainer des réfugiés

Je m’appelle Martin Mark et j’ai commencé à m’intéresser au parrainage privé des réfugiés quand je vivais encore en europe il y a 20 ans de cela. À l’époque, j’étais déjà fasciné par la manière dont le gouvernement canadien mobilisait la société civile pour réinstaller les réfugiés au Canada. En l’an 2000, j’ai déménagé au Canada avec ma famille et je travaillais au Programme de Formation sur le Parrainage Privé des Réfugiés (PFPR) où j’ai appris tout ce que je sais à propos du Programme de parrainage privé de réfugiés: le processus et  les exigences liés à cela. 

Après avoir enseigné à de nombreux aspirants parrains de réfugiés le processus et les exigences pour parrainer un réfugié, j’ai décidé d’en devenir un moi-même. Je me rappelle toujours de ma première année en tant que parrain de réfugiés. Je travaillais dans un petit bureau et j’essayais de rassembler tous les documents nécessaires pour envoyer à l’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC).Nous avions hâte que notre demande soit traitée. 

Le parrainage privé des réfugiés est un miracle 

L’ensemble du parrainage privé des réfugiés est un miracle en lui-même. D’autant plus quand vous avez été le témoin privilégié de la détresse et du désespoir de ces personnes en ayant visité les camps de réfugiés en Afrique et au Moyen-Orient. C’est comme un miracle de voir les réfugiés que vous avez rencontrés dans un camp atterrir à l’aéroport , c’est à peine si vous les reconnaissez avec leurs yeux qui brillent et leurs beaux sourires, tout est juste merveilleux ! 

Le processus de parrainage privé est fastidieux

J’aurais souhaité pouvoir parrainer plus de réfugiés pour venir au Canada mais j’ai les mains liées depuis que le gouvernement canadien a imposé des quotas et que les applications sont de plus en plus fastidieuses. Nous devons désormais tout documenter et être aussi bureaucratique que possible. C’est en train de tuer le programme ! Certaines demandes que j’ai soumises sont toujours en cours de traitement bien que cela fait six ans. 

Faire pression pour deux filles réfugiées 

Cependant, ceci ne m’empêche pas de continuer à vouloir parrainer des réfugiés d’autant plus que c’est une question de vie ou de mort. Je me rappelle comment sous l’insistance d’un groupe de volontaires, j’ai rencontré une jeune fille de 16 ans et sa petite soeur dont les parents sont décédés. Elles vivaient dans un camp de réfugiés et la malédiction pour une fille est d’être belle. C’était une question de temps avant que quelque chose de terrible lui arrive. Il n’y avait pas de doute là-dessus : les conditions, les circonstances et l'environnement y étaient propices.  Je n’ai pas pu m’empêcher d’être touché par leur situation. De ce fait, j’ai décidé de prendre contact avec le directeur du camp de réfugiés pour confirmer toutes les informations avec lui et prendre rendez-vous avec l’ambassade canadienne. Fort heureusement, le directeur du bureau des visas s’est montré très réceptif et m’a proposé de vérifier les informations avec L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés. Entretemps , je suis rentré au Canada pour convaincre l’église catholique de me laisser soumettre une demande de parrainage malgré le manque de fonds. Finalement, tout s’est arrangé. Les gens se sont portés volontaires pour aider les filles et l’IRCC a été très coopératif. 

Intégration des réfugiés dans la société canadienne 

Cela étant dit, l’intégration des réfugiés dans la société est réalisable au prix de nombreux  efforts. Les gens oublient souvent que le plus gros travail commence à l’étranger. Quand je me rendais dans des camps de réfugiés, je faisais de sorte de leur donner une séance  d’orientation, leur donnant assez de matériels pour les préparer pour la vie qui les attend au Canada et leur envoyer des correspondances mensuelles. Cela impliquait de donner un aperçu des différents aspects de la vie au Canada: la culture, la société, les traditions, l’aspect légal, les relations raciales, les responsabilités, la transparence, l’équité, question de genre, et le droit des enfants. 

Donner aux réfugiés la chance de faire leurs preuves 

Dès que le réfugié met les pieds au Canada, il est primordial qu’il opérationnel au plus vite. Malheureusement, beaucoup de parrains ont pour mauvaise habitude de laisser le réfugié trop relâcher. Ils devraient au contraire trouver des manières d’encourager le réfugié à étudier, travailler, et se porter volontaire pour faire partie de la société canadienne et vivre sa vie de façon autonome. Pour que cela fonctionne, nous devons lui fournir des conseils et des outils nécessaires pour nous assurer de leur frayer un chemin dans la société canadienne. Les réfugiés sont venus pour réaliser leurs projets, pas pour être dépendants de leurs parrains pour prospérer !